Estimés à environ six mille
(6000) personnes, les ressortissants sénégalais
au Burkina Faso sont répartis pour
l'essentiel dans les trois plus grandes
villes du pays: Ouagadougou, Bobo Dioulasso
et Koudougou. Des groupes moins importants
résident également dans les
localités de Dédougou, Banfora,
Orodara , et Fada Ngourma.
Ces
compatriotes se retrouvent en général
dans Ie commerce ou l'artisanat (bijoutiers,
tailleurs, antiquaires...). Certains d'entre
eux sont toutefois de grands opérateurs
économiques.
En
fin 1999, Ie nombre de Sénégalais
immatricules s'relevait à 2060.
Toutefois, seulement 628 d'entre eux se
sont fait inscrire sur les listes électorales
lors des dernières consultations.
Deux
associations de ressortissants du Sénégal,
reconnues par les
autorités burkinabé, existent
au Burkina Faso et sont basées l'une
à Ouagadougou, l'autre à Bobo
Dioulasso. Cependant, ceux d'entre nos compatriotes
qui se trouvent dans les autres localités
sont également bien organisées
et ont à leur tète des responsables
qui parlent en leur nom. Monsieur Ibnou
TALL, antiquaire, Président de l'
Association des ressortissants sénégalais
à Ouagadougou, siège au Conseil
Supérieur des Sénégalais
de l'Extérieur (CSSE), au nom du
Burkina Faso.
Généralement bien intègres
à la population, ces Sénégalais
n'ont pas
de problèmes particuliers. Leur seule
préoccupation est d'avoir les documents
dont ils ont besoin pour eux et pour leurs
familles (pièces d'Etat civil, cartes
d'identité, titres de voyage, etc...).
Ne
pouvant faire face à la demande très
forte de cartes d'identité
nationale et de passeports, l' Ambassade
avait, des son installation, souhaite qu'une
mission du Ministère de l'Intérieur
se rende au Burkina Faso pour la délivrance
de ces documents. Cette mission, programmée
en mai 1999, est toujours attendue. II serait
souhaitable que les nouvelles autorités
de ce Département songent à
la reprogrammer.
Mais
ce sont nos compatriotes qui ne sont que
de passage au Burkina
qui nous font Ie plus de soucis. En effet,
beaucoup de jeunes candidats à
l'immigration préfèrent ne
plus tenter l'aventure à partir du
Sénégal. lIs viennent vers
des pays comme le Burkina où, estiment-ils,
les visas sont plus faciles à obtenir
et les contrôles sont moins sévères.
Très
souvent, ils restent en rade à Ouagadougou,
n'ayant pu obtenir de
visas et ayant épuisé leurs
pécules. D'autres parviennent à
embarquer avec de faux permis de séjour
fournis par des trafiquants ou des parents
à eux établis en Europe. Dans
la majorité des cas, ils sont refoulés,
dès leur arrivée. L' Ambassade
se rend très souvent au commissariat
de l'aéroport de Ouagadougou pour
faire libérer des Sénégalais
refoulés et remis à la police
de l'immigration.
Tous
ces jeunes nous arrivent fatigués
et affamés, malades des fois, ne
pouvant ni se prendre en charge au Burkina
Faso, ni retourner au pays. L'Ambassade
avait sollicité un fonds d'aide sociale
pour faire face à ce genre de problèmes
; cette demande est restée sans suite.
Ne pouvant rester insensible a ces situations,
Ie personnel est souvent obligé de
se cotiser pour soulager un tant soit peu
ces malheureux. Une solution véritable
doit être trouvée à
ce douloureux problème. .
La
dernière catégorie de ressortissants
sénégalais est constituée
par les fonctionnaires de plus en plus nombreux
dans les organismes basés à
Ouagadougou. On les retrouve à l'UEMOA,
au CILSS, à l'EIER, à l'IPD,
au CREPA, à la BCEAO, dans des ONG
ou dans des entreprises dirigées
par des multinationales. Certains sont établis
comme consultants.