Ambassade du Sénégal au Burkina Fasso





________________

Situation politique du Burkina Faso

I - 1 : Aperçu historique :

Pays sahélien et continental d'une superficie de 274 000 km2, avec une
population estimée à 12210 870 habitants, le Burkina Fao, ancienne Haute Volta, est un pays à I'histoire politique très mouvementée.

Six ans après I'accession à I'indépendance du pays, I'armée est contrainte
d'intervenir sur la scène politique burkinabé qu'elle ne quittera plus.

Le 5 janvier 1966, Ie nouveau Président, Ie Lieutenant-Colonel
LAMIZANA, qui vient de succéder à Maurice YAMEOGO, victime d'un soulèvement populaire, ordonne la suspension de la Constitution et dissout I'Assemblée nationale. Ainsi de 1966 a 1970, Ie pays va connaître un régime "d'exception" domine par des militaires, qui vont coopter des leaders civils dans le gouvernement.

L'armée, après s'être maintenue au pouvoir pendant 4 ans, remet le pouvoir aux civils en faisant adopter par referendum, le 14 juin 1970, une nouvelle Constitution qui consacre un régime parlementaire "rationalisé". Mais les militaires ne sont pas complètement écartés de la scène politique, puisque la nouvelle Constitution consacre le principe que le Président de la République doit être Ie militaire le plus ancien dans le grade Ie plus élevé et prévoit que le 1/3 des portefeuilles ministériels sera réserve aux militaires.

Interrompu en 1974, le processus démocratique est repris avec I'adoption
d'une Constitution le 27 novembre 1977 qui jette les bases de la 3eme République. Les élections organisées en mai 1978 voient Ie Président sortant mis en ballottage avant de remporter Ie scrutin avec un score serré. Toutefois, les rivalités de faction ainsi que la détérioration du climat social marque par des grèves soutenues, vont provoquer la chute de la 3eme République, Ie 25 novembre 1980.

Le Burkina Faso sera alors entraîné dans une spirale de coups d'Etat
militaires. Au CMRPN (Comite militaire de Redressement pour Ie Progrès national) qui exerce Ie pouvoir de 1980 a 1982, succède Ie CSP (Conseil du Salut du Peuple) qui sera, a son tour, chasse du pouvoir, Ie 4 août 1983 par le CNR (Conseil National de la Révolution). Le 15 octobre 1987, Ie Front s la houlette du Capitaine Blaise
COMPAORE, prend le pouvoir.

1- 2 : Le Burkina Faso sous Blaise COMPAORE

Sous les dehors d'un mouvement de rectification d'une révolution dévoyée
par Ie "Sankarisme" , le nouveau Président va progressivement mettre fin à la révolution et appliquer une politique d'ouverture envers la société civile et les catégories sociales naguère stigmatisés. Une nouvelle Constitution est adoptée le 2 juin 1991. L'opposition, réunie dans une coordination des Forces Démocratiques (CFD), va chercher à déstabiliser le régime en place en réclamant la convocation d'une Conférence nationale souveraine.
Le régime refusé; ce qui conduit I'opposition a boycotter I'élection présidentielle de
décembre 1991. Le Président, qui se trouve seul candidat en lice, est élu avec 86,1 % des voix, avec un faux de participation de 24 %.


En mai 1992, sont organisées les élections législatives. L'opposition
divisée en sort laminée. Au lendemain de la victoire de son parti, Ie Président
COMPAORE, mal élu, va développer une stratégie de légitimation et asseoir sa
domination politique en divisant ses adversaires et en cooptant certains d'entre eux sous les dehors d'une démocratie consensuelle. II va en résulter une déliquescence de
I'opposition burkinabé.

Celle-ci enregistre de cuisants échecs aux élections municipales de 1995
et surtout législatives de 1997.

Estimant que cette victoire écrasante du parti présidentiel est due à des
fraudes rendues possibles par le manque d'indépendance de la Commission électorale qui a organise les élections, I'opposition va réclamer la création d'une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour I'organisation des présidentielles de novembre 1998.

Le pouvoir accède à cette revendication en avril 1998. Mais I'opposition
n'est guère satisfaite du dispositif institutionnel mis en place par la loi. Elle stigmatise
notamment la non-attribution à la Commission de la phase de préparation (établissement des listes, cartes, affiches, etc.), que la loi confie à l'Administration, la gestion du contentieux électoral par une Cour Suprême qu'elle juge peu crédible.

Elle boycotte ainsi les élections présidentielles de novembre 1998.
Cependant MM. Ram OUEDRAOGO, Président des Verts du Burkina et Frederick
GUIRMA, Président du Front du Refus/RDA, acceptent d'être les challengers du Président COMPAORE.

On assiste dès lors à une bipolarisation de I'opposition, écartelée entre
une opposition dite modérée incarnée par les deux partis qui ont présenté des candidats aux présidentielles de novembre 1998 et une opposition dite radicale, qui comprend une dizaine de formations regroupées dans un front appelé le "Groupe du 14 Février", qui conteste violemment la légitimité des Institutions de la Quatrième République. Comme on s'y attendait, Ie Président sortant est relu à une victoire écrasante.

Cette marginalisation de I'opposition burkinabé confrontée à un parti
présidentiel aux allures de parti unique a considérablement fragilisé le processus
démocratique burkinabé. C'est dans ce contexte qu'est intervenu I'assassinat, Ie 13
Décembre 1998, du journaliste Norbert ZANGA. Cet évènement a entraîné de profonds remous dans la société civile et la classe politique burkinabé et mis à nu les limites réelles du processus démocratique en cours depuis 1991.


I - 3 : Situation Politique actuelle

Cela fait donc deux ans que la situation socio politique burkinabé évolue en dents de scie, faite d'accalmie et de montée de fièvre.

La Commission d'Enquête Indépendante (CEI) mise sur pied Ie 7 janvier
1999 pour faire la lumière sur la mort mystérieuse de Norbert ZANGA et de ses
compagnons, avait conclu quatre mois après, jour pour jour, à I'assassinat et identifie six (6) éléments du Régiment de sécurité présidentielles comme suspects dans cette affaire. Le Collectif d'organisations de masse et de partis politiques qui s'est constitue dès Ie 23 décembre 1998 pour réclamer la lumière sur cette affaire y a vu la main de François COMPAORE, frère du Président, que Norbert ZANGA accusait justement d'avoir fait assassiner son chauffeur David OUEDRAGO.

© 2002, MAESE -SENEGAL, Tous droits réservés - Pour toutes suggestions contactez-nous : Webmaster - email