DECLARATION DE LA DELEGATION SENEGALAISE
AU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES
LORS DE LA REUNION D’URGENCE SUR
SUR LA SYRIE

NEW YORK, LE 06 AVRIL 2017


Madame la Présidente,

Je voudrais tout d’abord me tourner vers notre collègue de la Suède pour lui exprimer, et à travers lui, aux familles éplorées, au peuple et au gouvernement suédois, les condoléances du peuple et du gouvernement sénégalais pour la mort tragique de trois de ses compatriotes victimes d’un acte abject de terrorisme forcené. Nous souhaitons prompt rétablissement aux nombreux blesses de cet acte barbare que nous condamnons avec fermeté.

Je voudrais ensuite vous remercier, Madame la Présidente, d’avoir accèdé à la demande de la délégation bolivienne en convoquant la présente séance d’urgence pour examiner la situation en Syrie, quarante-huit heures (48 h) seulement après l’utilisation criminelle d’armes chimiques dans le gouvernorat syrien d’Idlib, qui a causé la mort atroce de dizaines de civils et infligé des souffrances indicibles à des centaines d’autres, y compris de nombreux enfants.
Mais, comme le 05 avril et comme hier soir, lors de nos consultations infructueuses, nous assistons, ce matin aussi, à une profonde division de notre Conseil sur la terrible crise syrienne qui pourtant, avec l’usage répété d’armes de destruction massive, chimiques en particulier, avec la prolifération de groupes terroristes de tout acabit et, plus grave encore, avec une catastrophe humanitaire sans précèdent, apparaît comme le conflit le plus grave du moment.

Quelle image renvoyons-nous ainsi à la Communauté internationale ?
Quel message envoyons-nous ainsi aux populations syriennes écrasées et déboussolées par un conflit dont elles ne comprennent ni les tenants ni les aboutissements ?
Et pis encore, quel spectacle donnons-nous aux terroristes ?
Je le dis et je le répète, rien ne peut justifier une barbarie telle que l’usage de substances, de produits ou d’agents chimiques comme armes, pour quelque raison que ce soit, encore moins contre les populations civiles.
Etat-Partie à la Convention sur les Armes chimiques et toujours soucieux de la sécurité et de la sûreté humaines en tout temps et en tout lieu, le Sénégal réitère, par ma voix, sa condamnation ferme de l’emploi de toutes sortes d’armes de destruction massive, y compris les armes chimiques, par quelque acteur que ce soit.
Aussi, ma délégation renouvelle-t-elle ses encouragements à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques (OIAC), via notamment la Mission d’Etablissement des Faits, dans ses efforts visant à « rassembler et à analyser, avec tout le professionnalisme requis, les informations auprès de toutes les sources disponibles », afin de situer les responsabilités sur cette attaque ignoble et permettre ainsi au Conseil de Sécurité de prendre les mesures nécessaires.

Madame la Présidente,

Le 22 septembre dernier, s’adressant à notre Conseil dans cette enceinte même, le Chef de l’Etat du Sénégal, Son Excellence Monsieur le Président Macky SALL, disait à propos de la crise syrienne « le prix de la paix n’est jamais plus élevé que le coût de la guerre. La paix est possible parce que la guerre ne peut être le destin de tout en peuple ».
C’est pour toutes ces raisons, Madame la Présidente, que je réaffirme la conviction du Sénégal que seule une solution politique négociée, sur la base du Communiqué de Genève et de la résolution 2254 (2015) notamment, permettra de parvenir à une issue définitive à ce conflit aux conséquences humanitaires des plus dévastatrices et de faire toute la lumière sur les allégations d’usage d’armes prohibées en Syrie.
Je conclurai mon propos en renouvelant mes vœux de succès au 5ème round des pourparlers de Genève, ouvert depuis le 23 mars 2017, avec l’espoir que les efforts inlassables de l’Envoyé Spécial du Secrétaire général de l’ONU, Monsieur Staffan de Mistura, permettront de consolider les conclusions substantielles de la 4ème session, laquelle avait permis d’aborder, pour la première fois, les questions de fond, telles que les réformes constitutionnelles, la transition politique et la tenue des élections sous supervision des Nations Unies.

Je vous remercie de votre attention.