PROJET DE DECLARATION DU SENEGAL

A L’OCCASION DU DEBAT PUBLIC DU CONSEIL DE SECURITE SUR « MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SECURITE INTERNATIONALES : LE RESPECT DES BUTS ET PRINCIPES DE LA CHARTE DES NATIONS UNIES »

NEW YORK, LE 15 FEVRIER 2016

Madame la Ministre Delcey RODRIGUEZ,

La délégation sénégalaise se réjouit de vous voir présider, en personne, en votre qualité de Ministre des Affaires étrangères de la République Bolivarienne du Venezuela, le débat public du Conseil de sécurité d’aujourd’hui, que votre pays a choisi de consacrer au thème important « des principes et objectifs de la Charte des Nations Unies comme élément clé du maintien de la paix et de la sécurité internationales ».Retour ligne automatique
Ma délégation salue également la participation du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, comme illustration supplémentaire de l’importance du thème que notre Conseil explore à nouveau aujourd’hui, après l’avoir fait sous présidence chinoise, en février 2015.Retour ligne automatique
La délégation sénégalaise s’associe aux déclarations qui seront faites par la République Islamique d’Iran et le Koweït, aux noms, respectivement, du Mouvement des Non-Alignés et de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI).

Madame la Présidente,

En s’adressant à la soixante dixième session ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies, Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal disait, je le cite : « Soixante-dix ans après la création de notre Organisation, nous revenons sur les pas des pères fondateurs, pour renouveler notre foi collective dans les idéaux de paix, de sécurité, le développement et le respect des droits de l’homme. Ces valeurs inspirent la mission première de l’Organisation : celle de préserver le monde du fléau de la guerre, de créer les conditions nécessaires au maintien de la justice, de favoriser le progrès social et d’instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ». Fin de citation.Retour ligne automatique
Ces mots du Président SALL traduisent, on ne peut mieux, l’attachement renouvelé du Sénégal au strict respect des buts et principes de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Retour ligne automatique
Il va donc sans dire que la quête perpétuelle de la paix et de la sécurité sur notre planète, une des raisons d’être même de notre organisation, nous interpelle tous et exige de chaque Etat membre une prise de conscience élevée de l’impératif de respect des buts et principes de la Charte des Nations unies.

Madame la Présidente,

Il nous faut garder à l’esprit que les actions coercitives ne sont qu’un moyen et non une finalité en soi. Ainsi, le succès de cette Organisation réside davantage dans sa capacité à recourir au chapitre VI sur le règlement pacifique des différends qu’au chapitre VII, plus difficile à mettre en œuvre et encore plus onéreux.Retour ligne automatique
C’est pourquoi, le Sénégal, partisan convaincu de la diplomatie préventive, privilégie les opérations de maintien de la paix qui concilient ces deux chapitres dans ce qu’ils ont de plus essentiel. Retour ligne automatique
En effet, le défi principal qui nous est lancé, est de nous adapter à un environnement international complexe et en constante mutation en raison, entre autres, de l’évolution de la nature des conflits, de la présence de plus en plus affirmée des organisations régionales, de la prolifération des groupes armés non étatiques ou encore de l’apparition de nouvelles menaces comme le terrorisme et les crises sanitaires internationales.Retour ligne automatique
Ce constat appelle de notre part un engagement renouvelé pour le respect des principes et buts ayant présidé à la création de l’Organisation des Nations Unies, que sont l’égalité souveraine des Etats, la non-intervention dans les affaires intérieures d’un Etat, le règlement pacifique des différends, l’abstention de recourir à la menace d’employer ou à l’emploi effectif de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un Etat.Retour ligne automatique
C’est dire l’importance du débat qui nous réunit ce matin.

Madame la Présidente,

La pleine reconnaissance ici, de la valeur politique et juridique des principes contenus dans la Charte ainsi que le renforcement d’un multilatéralisme inclusif sont les conditions sine qua non du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Retour ligne automatique
Voilà pourquoi il est important de favoriser le « maintien de la paix par le partenariat » afin de replacer l’action des organisations régionales au cœur des efforts de paix.Retour ligne automatique
En effet, du fait de la forte dimension régionale que revêt la plupart des conflits et au regard du rôle essentiel que doivent jouer les États voisins dans tout processus de paix, l’engagement positif des acteurs régionaux est de plus en plus encouragé par l’ONU, conformément à l’article 52 paragraphe 1 du Chapitre VIII de la Charte. Retour ligne automatique
Sous ce rapport, le Conseil de sécurité devrait renforcer sa coopération avec les organisations régionales ou sous-régionales qui, en plus d’être déjà présentes sur le terrain, peuvent contribuer au respect de la souveraineté des Etats tout en favorisant une démarche préventive pour une solution pacifique et négociée des crises.Retour ligne automatique
Appliqué à bon escient au continent africain, le renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les Organisations régionales ou sous-régionales, notamment l’Union Africaine (UA) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), peut aider à développer des capacités de réaction rapide aux premières heures des crises pour éviter une escalade de la violence. Retour ligne automatique
Les succès enregistrés en Côte d’Ivoire, au Libéria, aux Comores ou encore en Guinée Bissau sont assez démonstratifs de la contribution essentielle que peuvent apporter les organisations régionales même si la question du financement continue de se poser avec beaucoup d’acuité et d’interpeller les partenaires internationaux.Retour ligne automatique
S’il est vrai que « la paix n’a pas de prix », il a certainement un coût et il importe que les Etats, les organisations internationales onusiennes et le secteur privé soient tous davantage mis à contribution pour trouver les moyens de financer, à temps et de façon durable, les opérations de paix.

Madame la Présidente,

L’examen des principes et buts de la Charte sous l’angle du maintien de la paix nous amène aussi à la lancinante question de la réforme de l’organe principal des Nations Unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, c’est à dire le Conseil de sécurité, afin de le rendre plus légitime dans sa composition et partant, plus crédible et efficace dans son action.Retour ligne automatique
Sur un autre plan, le multilinguisme, élément important, doit être observé en permanence dans toutes les actions des Nations Unies visant au maintien de la paix.Retour ligne automatique
En effet, le multilinguisme permet d’assurer l’égale dignité de toutes les cultures, participe à l’effectivité du principe d’égalité juridique des Etats et renforce la démocratisation de la gouvernance mondiale dont la recherche de la paix constitue une des orientations principales.

Madame la Présidente,

Il me plait, en définitive, d’affirmer que le meilleur gage de succès dans nos efforts contre les multiples menaces à la paix et à la sécurité internationales réside dans la synergie d’actions de toutes les composantes de la communauté internationale pour la pleine adhésion de tous, aux buts et principes de la Charte de l’ONU.Retour ligne automatique
A cet égard, la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, de l’accord de Paris sur les changements climatiques ainsi que du consensus d’Addis Abeba sur le financement du développement, revêtent une importance particulière.Retour ligne automatique
C’est tout le mérite du choix judicieux porté par la remarquable présidence vénézuélienne du Conseil sur le thème du débat public d’aujourd’hui.

Je vous remercie de votre aimable attention