Ministère des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l'Extérieur

Le nouveau chef de l’Etat burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, élu le 29 novembre dernier, a été officiellement installé dans ses fonctions hier, dans une ambiance colorée et festive, au Palais des Sports. Plusieurs chefs d’Etat dont le président de la République, Macky Sall, ainsi que d’anciens présidents de la République, ont honoré le peuple burkinabé de leur présence. Promettant une gouvernance vertueuse, il a appelé ses concitoyens à « l’amour de la Patrie, au travail, à la probité et la à bonne gouvernance ». Toutes choses qui, selon lui, implique un changement de mentalités et de comportements. Retour ligne automatique
Le Palais des Sports de la capitale burkinabé, à Ouagadougou, paré aux couleurs du pays avec des photos de l’actuel président un peu partout, s’est révélé très exigu pour contenir la foule qui a tenu à assister à la réécriture d’une page de l’histoire de leur pays. En effet, le Burkina Faso qui a connu une grande période de crises depuis 2014 avec le départ, du pouvoir, du président Blaise Compaoré, vient d’ouvrir une nouvelle page. Celle qui, on l’espère et comme le soutient le président Macky Sall, sonne le glas des coups d’Etat. Car, faut-il le rappeler, à l’instar de l’ex-président de la Transition, Michel Kafando, c’est la première fois, dans ce pays qui a connu 9 présidents de la République, qu’un civil passe le témoin à un autre civil. Dès 7 h, les populations ont commencé à faire le rang pour accéder à la salle. Il faut montrer patte blanche, puisque des mesures sécuritaires strictes ont été prises. Se forment alors de longues files. Mais personne ne râle. Retour ligne automatique
A 12h30, arrivent les chefs d’Etat dont Macky Sall du Sénégal, Mahamadou Issoufou du Niger, Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Thomas Yayi Boni du Bénin, Alpha Condé de la Guinée, John Dramani du Ghana, Faure Gnassingbé du Togo qui sont précédés des anciens présidents du Burkina Faso, du Ghana et du Nigeria, respectivement Jean-Baptiste Ouédraogo, Jerry Rawlings et Obasanjo. 12h35, arrive l’ex-président de la transition, Michel Kafando sous les applaudissements nourris de la salle. 12h 50, les membres du Conseil constitutionnel s’installent. 5 mn plus tard, le président Kaboré fait son entrée très ovationné au cri de Prési ! Prési ! La main levée, il prête serment, puis le Conseil constitutionnel le déclare installé et renvoyé à l’exercice de ses fonctions. Il dépose alors, conformément à l’Article 44 de la Constitution, sa déclaration de patrimoine. Ensuite, le nouveau chef d’Etat reçoit du Grand chancelier, le Collier de Grand Maître qui fait de lui « le Grand Maître des ordres burkibabé ».Retour ligne automatique
Dialogue fécondRetour ligne automatique
A l’entame de son discours, Roch Marc Christian Kaboré qui s’est dit honoré de la présence des chefs d’Etat qui donne un éclat à l’évènement, a rendu un vibrant hommage aux victimes des insurrections, faisant même observer une minute de silence et salué « l’action de ses devanciers » et vanté les « mérites de Michel Kafando », toutes les autorités de la transition, les organisations communautaires (Cedeao, Uemoa, Ua, Onu… ». Il s’est engagé à instaurer « un dialogue fécond pour briser les chaînes de la misère ». Cela signifie, a-t-il indiqué, le « respect de l’autorité de l’Etat afin de garantir une bonne gouvernance », mais aussi de la part de chacun, de savoir « contenir les égoïsmes personnels, bannir l’incivisme, combattre l’intolérance ». D’après le nouveau chef d’Etat burkinabé, la victoire du 29 novembre (son élection) n’est pas seulement celle d’un homme ou d’un parti, mais de tout un peuple, la victoire d’une jeunesse africaine révoltée contre l’obscurantisme et l’oppression, pour la victoire de la liberté sur l’arbitraire, de la démocratie sur la dictature… ».Retour ligne automatique
Bannir l’indisciplineRetour ligne automatique
Un jour nouveau se lève donc au Burkina Faso, a soutenu le président Kaboré. Selon lui, son programme ambitionne de faire du Faso, « un pays de paix, de justice, de transparence, de démocratie et de prospérité partagée par tous. La réconciliation nationale en sera le socle, la paix le moteur, la dignité, la justice, la transparence, les moteurs essentiels pour construire ensemble un pays de concorde, fier et prospère ». A l’en croire, les crises qui ont failli plonger le pays dans la guerre civile ont des « causes et des réponses » et en toute humilité, « chacun doit assumer sa part de responsabilité ». Retour ligne automatique
C’est pourquoi, a-t-il estimé, « la vérité et la justice doivent être cherchées pour qu’il y ait la paix des cœurs ». M. Kaboré abhorre l’indiscipline qu’il faut à tout prix bannir. Et il martèle : « l’ennemi de la liberté, c’est la liberté mal comprise et sans bornes ». Il a alors appelé ses concitoyens à « l’amour de la Patrie, au travail, à la probité et à la bonne gouvernance ». Toutes choses qui, selon lui, implique un changement de mentalités et de comportements. Le nouveau chef d’Etat du Faso a invité la communauté internationale à accompagner son pays, tandis que face au terrorisme, il a proposé de mutualiser les moyens de défense et de créer un front uni.

De notre envoyé spécial, Daouda MANE