Voici le discours de Monsieur Mankeur NDIAYE au Forum sénégalo-brésilien du 2 Septembre 2015

Monsieur le Ministre des Relations extérieures,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les membres des secteurs privés brésilien et sénégalais.
Mesdames, Messieurs
Permettez-moi tout d’abord, de souhaiter la bienvenue à mon collègue et ami, Monsieur Mauro VIEIRA, Ministre des Relations extérieures de la République Fédérative du Brésil, venu répondre à mon invitation, ainsi qu’à l’importante délégation qui l’accompagne.
Je suis d’autant plus heureux de vous accueillir que je fonde l’espoir que votre visite contribue de manière substantielle au renforcement de nos relations aussi bien sur le plan politique que sur celui économique.
Je voudrais également saisir cette heureuse occasion pour remercier les hommes d’affaires ici présents d’avoir bien voulu répondre à notre invitation.
Monsieur le Ministre,
Comme l’a si judicieusement rappelé Madame le Ministre de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’État, le Sénégal a lancé, il y a 2 ans, un nouveau programme de développement économique et social appelé Plan Sénégal Émergent, suite à un diagnostic critique de notre rythme de croissance économique.
Le Sénégal, vous l’avez dit, Madame le Ministre, bénéficie de facteurs clés dans l’atteinte de son objectif d’émergence économique. Cependant, force est de reconnaître, que notre taux de croissance actuel, est certes relativement appréciable, mais qu’il est encore bas et erratique pour induire les changements substantiels susceptibles de modifier qualitativement les conditions de vie de nos populations.
Par conséquent, Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République, a décidé de changer de vision et de paradigmes, pour relever le niveau de développement et accélérer le rythme de notre croissance économique.
Le Plan Sénégal Émergent, qui est le référentiel en matière de programme économique, recherche le renouveau productif du Sénégal, fondé, à terme, sur plus de partenariat et moins d’aide, grâce à une exploitation optimale des secteurs stratégiques de notre économie (l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les mines, le tourisme, les Tic et l’habitat).
Je voudrais donc confirmer, à la suite de Madame le Ministre, que dans chacun de ces domaines, nous avons des besoins à satisfaire, mais également des opportunités d’investissements et de partenariats à offrir.
Madame Madame Aïda Djigo WANE, Directeur Général adjoint de l’Agence de Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX), vous donnera tout à l’heure les grandes lignes de ce Plan.
Monsieur le Ministre,
Permettez-moi également de rappeler l’excellence des relations de coopération entre le Brésil et le Sénégal ainsi que leur bon niveau d’exécution. Elles sont dans l’ensemble satisfaisantes.
Parmi les projets en cours d’exécution dans notre pays, nous pouvons fièrement évoquer, ceux relatifs au secteur agricole qui constituent l’axe principal de la coopération entre nos deux pays. Il s’agit de :
-  l’acquisition d’équipements et de matériel agricoles dans le cadre du programme « Maïs alimentos pour l’Afrique ».
-  du « Soutien au développement de la riziculture au Sénégal », d’un montant de 2,5 millions de dollars US, démarré depuis septembre 2010, dans la vallée du Fleuve du Sénégal à Fanaye.
-  de la récupération agricole, inspiré de votre Programme d’Acquisition d’Aliments (PAA), et qui consiste à approvisionner les populations en situation d’insécurité alimentaire à l’aide de produits provenant de l’agriculture familiale.
-  et le programme de Production Agroécologique Intégrée et Soutenable communément appelé programme PAIS.
Ces programmes s’inscrivent en droite ligne avec la Politique du Chef de l’État en matière de sécurité alimentaire et de solidarité sociale.
Mesdames et Messieurs,
Les entretiens que les Présidents Dilma ROUSSEFF et Macky SALL ont eus, le 20 juin 2012, à Rio de Janeiro, en marge des travaux de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable (RIO+20), puis à Malabo en Guinée Équatoriale, en marge du Sommet Amérique du Sud-Afrique (ASA), du 19 au 23 février 2013, ont été l’occasion, pour nos deux dirigeants, de donner une impulsion nouvelle à la coopération bilatérale et de réaffirmer en même temps, leur volonté d’accélérer les processus en vue de la finalisation des projets en cours de négociation.
Il s’agit notamment :
• du projet de développement du coton dans la région de Kolda, lancé au cours des travaux de la 8ème Commission mixte de coopération Sénégal-Brésil.
• du projet de développement de la culture du manioc au Sénégal avec le transfert et l’introduction de matériel végétal brésilien (bouture de manioc) dans nos cultures.
• du projet de production de semences d’arachide, de maïs, de blé et de soja, à travers l’implantation de fermes de production de semences.
• du projet d’appui à la politique d’insémination artificielle et de croisement en vue de permettre l’augmentation de la production de viande et de lait.
A ce propos, permettez-moi de saluer la volonté du Gouvernement brésilien de ne ménager aucun effort pour doter notre cheptel national de bovins sélectionnés pour leur productivité en lait et viande.
Il convient également de rappeler l’offre de stage de formation des docteurs vétérinaires et techniciens sénégalais dans le domaine de la production d’embryons et l’amélioration génétique des races.
Dans les projets en cours de négociation figurent également :
• l’expérimentation au Sénégal du « Projet Dom Helder Camara », initié et financé par votre Gouvernement et le Fonds International de Développement agraire(FIDA).
Notre pays souhaiterait bénéficier davantage de ce modèle de politiques publiques centré sur l’éradication de la pauvreté rurale et le développement social.
• les projets de coopération dans le domaine de la santé portant sur la production de médicaments et vaccins, la recherche, la formation continue en partenariat avec la Fondation Oswaldo Cruz (FIOCRUZ), fondation publique qui relève directement du Ministère brésilien de la Santé.
• la construction d’un Centre de formation professionnelle brésilien au Sénégal sur le modèle du Service National d’Apprentissage industriel (SENAI) du Brésil.
• l’établissement d’une liaison aérienne directe entre nos deux pays, en application de l’accord du 16 mai 2007, signé à Brasília, et régissant nos relations dans le domaine aérien.
• le projet d’accord « Opérations de Recherches et de Sauvetage d’aéronefs en détresse » (SAR) .

Monsieur le Ministre,
Voici énumérés autant de projets aussi importants les uns que les autres, et pour lesquels il est salutaire pour nos deux pays, de les matérialiser, pour concrétiser la volonté de nos deux Chefs d’État.
Dans le même ordre d’idées, il me semble important de réfléchir sur l’avenir de notre coopération, dans le sens de sa bonification avec l’insertion, dans un futur proche, de plusieurs autres actions de partenariats pour le développement harmonieux de nos deux pays.
Dans cette perspective, permettez-moi de rappeler l’ambitieux programme du Gouvernement sénégalais d’aménager plus de 100 000 ha de terres, dans la vallée du fleuve et dans d’autres zones vers le sud du pays.
En effet, avec l’appui attendu de la société brésilienne CAMPO, spécialisée dans l’aménagement des terres et le développement des superficies agricoles, notre pays pourrait bénéficier d’un projet d’aménagement de terres, d’irrigation, de gestion et d’exploitation des eaux ainsi que de l’implantation d’unités agro-industrielles.
Notre pays souhaiterait également bénéficier de l’appui technique du Brésil pour la production de volaille.
Sur le plan culturel, nos réflexions pourraient être orientées vers la signature d’un nouveau programme bilatéral d’échanges culturels, plus d’un demi-siècle après le premier accord culturel signé entre nos deux pays, en 1964.
Globalement, grâce à la ferme volonté et aux efforts consentis par les Hautes Autorités de nos deux pays et l’action déterminante des opérateurs économiques, les relations sénégalo-brésiliennes constituent un exemple de coopération sud-sud réussi, notamment dans les secteurs clefs de l’Agriculture et de l’élevage.
Le défi pour nous, outre la consolidation et la promotion de ses acquis, est de démultiplier les axes de coopération notamment à travers les opportunités du PSE.
Ces opportunités, je suis sur que vous les exploiterez amplement au cours de vos contact d’affaires auxquels je souhaite plein succès.
Je vous remercie.

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