Conseil de sécurité : Mankeur Ndiaye s’est prononcé sur la coopération entre l’ONU et l’Union africaine

DECLARATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR
MANKEUR NDIAYE, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DES SENEGALAIS DE L’EXTERIEUR

DEBAT DU CONSEIL DE SECURITE SUR LA « COOPERATION ENTRE L’ONU ET L’UNION AFRICAINE EN MATIERE DE PAIX ET DE SECURITE »

New York, le 18 NOVEMBRE 2016

Mesdames, Messieurs les Représentants permanents,
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

Nous voici une fois de plus réunis à l’effet d’examiner la coopération qui lie les Nations Unies à l’Union africaine, convaincus que nous sommes de l’importance de ce partenariat stratégique dans les efforts visant à maintenir la paix et la sécurité en Afrique.

C’est fort de cette conviction que le Président de la république du Senegal, son Excellence Monsieur Macky SALL, a tenu à ce que la question du renforcement de ce partenariat soit prioritairement inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité durant la présidence sénégalaise.

Le débat d’aujourd’hui s’inscrit donc, dans une dynamique d’optimisation du potentiel de cette coopération, qu’il convient de hisser à la hauteur des enjeux actuels.
Cela m’amène ainsi à remercier le Sous-secrétaire Général pour les Operations de maintien de la paix, Mr El Ghassim WANE, Monsieur l’Observateur permanent de l’Union africaine auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Tete Antonio , le Représentant spécial du Secrétaire général auprès de l’Union africaine, Monsieur Hailé Menkerios ainsi que le Haut Représentant de l’Union Africaine pour le fonds pour la paix, Dr Donald Keberuka, pour la pertinence de leurs interventions qui mettent fortement en exergue les enjeux liés au renforcement de la coopération entre l’ONU et l’Union africaine.

Je voudrais également saluer l’engagement constant des Etats Unis d’Amérique ainsi que de la France aux côtés des Etats africains dans la recherche des solutions aux défis sécuritaires auxquels le Continent est confronté.

Mesdames, Messieurs les Représentants permanents,
Mesdames, Messieurs,

La nécessité de renforcer la coopération avec les organisations régionales et sous-régionales, en particulier l’Union africaine, a été l’une des recommandations communes des différentes revues destinées à rendre plus efficaces les opérations de paix de l’ONU.

En tant que partenaire stratégique de l’Organisation des Nations Unies dans le domaine de la paix et de la Sécurité, l’Union Africaine a su démontrer sa volonté ainsi que sa capacité à apporter les premières réponses aux crises qui éclatent sur le continent africain.

C’est dire que l’Union Africaine est devenue un acteur majeur de la sécurité collective qu’elle s’évertue, par ailleurs, à structurer et à consolider, en se dotant d’une architecture de paix et de sécurité, qui est un dispositif global visant, notamment, à prévenir, à lutter et à gérer les conflits à l’échelle continentale.

La mise en place de l’architecture de paix et de sécurité de l’UA (APSA), est l’expression symbolique de la volonté réelle de l’UA de prendre à bras le corps les questions liées à la paix et à la sécurité du Continent.

Cette ambition est manifeste, malgré le nombre et l’ampleur des difficultés à surmonter. En témoigne l’adoption de la feuille de route 2016- 2020 qui vise, entre autres, à prévenir et à lever les obstacles à la pleine opérationnalité de l’Architecture de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine.

Mesdames Messieurs les Représentants Permanents,
Mesdames, Messieurs

Les opérations de paix de l’Union africaine constituent, des réponses locales à des problèmes mondiaux.

Dès lors, le renforcement du partenariat existant entre l’ONU et l’UA, devrait assurément permettre à l’Union africaine de se doter d’outils appropriés pour mener une action efficace et concertée dans l’intérêt de tous.

Dans cette perspective, le renforcement du partenariat, aux niveaux, stratégique et opérationnel est nécessaire, pour davantage de synergie et de cohérence face à l’évolution des défis sécuritaires auxquels le continent africain est confronté.

Mesdames, Messieurs les Représentants permanents,
Mesdames, Messieurs

A l’analyse, il s’avère que, même si depuis sa mise en place effective en 2004, le Conseil de Paix et de Sécurité ainsi que les mécanismes de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (APSA) ont été actifs dans les différentes crises, notamment celles du Burundi, de la Côte d’Ivoire, des Comores, du Darfour et de la Somalie, leurs actions sont souvent limitées par des contraintes de nature diverse, parmi lesquelles la lancinante question du financement.

Au moment où l’Union africaine assume plus de responsabilités en matière de paix et de sécurité sur le continent, il est préoccupant de constater que l’absence de financement prévisible et durable obère le potentiel de cette institution.

A ce propos, dans son rapport 2015/682 sur l’avenir des opérations de paix : mise en œuvre des recommandations du panel de haut niveau, le Secrétaire général de l’ONU reconnaissait, à juste raison, que les responsabilités grandissantes de l’Union africaine, des communautés économiques régionales et des mécanismes régionaux en matière de paix et de sécurité représentent un fardeau humain et financier important pour les pays africains.

Le cas de l’ECOMIB, en Guinée Bissau est assez symptomatique des difficultés auxquelles sont confrontées les organisations régionales et sous régionales pour sécuriser des financements prévisibles et durables. Je remercie l’Union européenne pour sa contribution précieuse au maintien des activités de l’ECOMIB, en Guinée Bissau.

Les contraintes susmentionnées renseignent sur la nécessité de définir les voies et moyens de partager ce fardeau.
Autrement dit, l’Organisation des Nations Unies doit accompagner davantage les efforts louables de l’Union africaine dans la prise en charge du problème crucial du financement des Operations de paix et celui de l’opérationnalisation de son architecture de paix et de sécurité.

Fort de ce constat, le Sénégal est d’avis que l’ONU doit ainsi s’investir et s’engager plus vigoureusement en vue de la réussite de l’action de l’Union africaine en tant que partenaire stratégique dans la quête d’une réponse, souvent dans l’urgence, aux préoccupations qui sont communes.

Cela passe nécessairement, entre autres, par un plus grand soutien aux opérations de maintien de la paix de l’Union africaine approuvées par le Conseil de Sécurité et aussi par un financement plus prévisible.

Une telle approche semble d’autant plus opportune que l’Union Africaine s’est résolument engagée dans cette direction, en posant un jalon important dans la voie du règlement de la problématique du financement prévisible, consistant à porter à 25 % sa contribution au coût de ses opérations de paix.

Le Haut Représentant de l’Union africaine pour le fonds pour la paix vient de le rappeler ; ces recommandations ont été adoptées lors de la vingt-septième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine tenue à Kigali, en juillet 2016.

Mesdames, Messieurs les Représentants permanents,
Mesdames, Messieurs

Ces efforts louables ne doivent pas rester vains. J’ose espérer que la résolution que nous allons sadopter ce matin jettera les bases solides d’un règlement définitif de la lancinante question du financement des opérations de paix de l’Union africaine.

Nous sommes d’autant plus confiants que cette résolution salue, a juste raison, les efforts de l’Union africaine visant à porter à 25 % sa contribution au coût de ses opérations de paix.

Il s’agit donc d’un message de soutien politique fort que le Conseil de sécurité adresse à l’endroit de l’Union africaine pour lui faire part de sa disponibilité à l’accompagner dans cette direction ; ce qui ouvre de réelles perspectives pour approfondir la réflexion sur le meilleur moyen d’assurer le financement durable et prévisible des opérations de paix de l’Union Africaine.

En guise de conclusion, ma délégation voudrait saluer la publication du rapport du secrétaire général S/2016/809 sur « l’examen conjoint Union africaine-Organisation des Nations Unies des mécanismes existants de financement et d’accompagnement des opérations d’appui à la paix de l’Union africaine autorisées par le Conseil de sécurité de l’Organisation » rapport dont les conclusions ont mis en exergue l’importance de l’accès aux contributions statutaires comme moyen de financement fiable, prévisible et durable pour couvrir les coûts afférents au soutien aux opérations de paix de l’Union africaine.

Je vous remercie de votre aimable attention. /.

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